Nutri-Score : comment est calculé le logo, et ce qui a changé avec le nouvel algorithme

Cinq lettres, cinq couleurs, du vert foncé à l'orange foncé : le Nutri-Score s'est imposé en quelques années sur la face avant de nombreux emballages. Créé en France, adopté par plusieurs pays européens, il a changé de mode de calcul en 2025. Voici comment il fonctionne, ce qu'il mesure et ce qu'il ne mesure pas, d'après Santé publique France, l'agence qui l'a conçu à la demande du ministère chargé de la santé.
Un logo d'information, facultatif
Le règlement européen n° 1169/2011, dit « INCO », impose une déclaration nutritionnelle sur la plupart des aliments préemballés : énergie, matières grasses, acides gras saturés, glucides, sucres, protéines, sel. Il autorise aussi des formes d'expression complémentaires, plus simples, sur une base volontaire. Le Nutri-Score en fait partie.
Selon Santé publique France, le logo a été mis en place pour la première fois en France en 2017, à partir des travaux de l'équipe du professeur Serge Hercberg et de l'expertise de l'Anses et du Haut Conseil de la santé publique. Son usage est facultatif : les entreprises qui le souhaitent s'enregistrent, et le droit d'utiliser le logo est délivré gratuitement. Depuis son lancement, plusieurs pays ont recommandé son utilisation : la Belgique, la Suisse, l'Allemagne, l'Espagne, les Pays-Bas et le Luxembourg.
Comment le score est calculé
Le Nutri-Score est attribué à partir d'un score calculé pour 100 grammes ou 100 millilitres de produit, qui prend en compte la teneur :
- en éléments à favoriser : fibres, protéines, fruits, légumes et légumineuses ;
- en éléments à limiter : énergie, acides gras saturés, sucres, sel, et édulcorants pour les boissons.
Le score obtenu permet d'attribuer une lettre, de A à E, et une couleur, du vert foncé à l'orange foncé. Le logo vise à rendre l'information nutritionnelle lisible en un coup d'œil, en complément de la déclaration nutritionnelle obligatoire, sans la remplacer.
Le Nutri-Score sert à situer des produits d'une même catégorie, ou d'usage similaire, les uns par rapport aux autres : deux céréales de petit-déjeuner, deux plats préparés, deux boissons. Il ne dit pas qu'un produit classé A peut être consommé sans limite, ni qu'un produit classé E est à bannir.
Un nouvel algorithme depuis 2025
La gestion du Nutri-Score est coordonnée au niveau européen par sept pays, l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Suisse, au sein d'un comité de pilotage qui s'est réuni pour la première fois le 25 janvier 2021, et d'un comité scientifique composé d'experts indépendants.
Le comité scientifique a proposé des modifications de l'algorithme dans deux rapports, en juin 2022 pour les aliments solides et en février 2023 pour les boissons. Les sept pays les ont adoptées le 26 juillet 2022 et le 30 mars 2023. Objectif, selon Santé publique France : mieux aligner le classement des produits sur les recommandations alimentaires des pays concernés, mieux prendre en compte les connaissances scientifiques et s'adapter à l'évolution de l'offre.
| Pays | Date |
|---|---|
| Allemagne, Belgique, Suisse, Pays-Bas | 1er janvier 2024 |
| Luxembourg | 5 mars 2024 |
| France | 16 mars 2025 |
En France, le nouvel algorithme est mis en œuvre progressivement depuis mars 2025, à la suite de la publication de l'arrêté fixant les nouvelles modalités de calcul. Pendant la transition, des produits calculés selon l'ancien et le nouvel algorithme peuvent coexister en rayon. Santé publique France met à disposition des professionnels des calculateurs pour les deux versions.
Lire le logo en magasin
- Rester dans la même famille de produits : le logo est surtout utile pour choisir entre deux pizzas, deux yaourts ou deux céréales.
- Regarder la portion réelle : une huile ou un fromage se consomment en petites quantités, ce que le calcul pour 100 g ne reflète pas.
- Vérifier la version : pendant la transition, deux produits proches peuvent avoir été notés selon des algorithmes différents.
- Compléter par la liste des ingrédients et la déclaration nutritionnelle, toujours présentes sur l'emballage.
Le logo a aussi fait l'objet d'études sur son lien avec le prix des produits. Santé publique France a publié en mars 2026 une analyse descriptive par catégorie de produits, présentée sous le titre « Nutri-Score et prix des produits : une meilleure qualité nutritionnelle n'implique pas forcément un coût plus élevé pour le consommateur ».
Ce que le Nutri-Score ne dit pas
- Le degré de transformation d'un aliment, ni la présence d'additifs, qui ne font pas partie du calcul.
- L'impact environnemental : c'est l'objet d'autres outils, fondés par exemple sur la base publique Agribalyse.
- L'origine et le mode de production : ils relèvent des signes officiels de qualité et des mentions d'origine.
- La quantité consommée : le calcul se fait pour 100 g ou 100 ml, pas pour une portion.
- Créé en France en 2017, facultatif, gratuit pour les entreprises.
- Calculé pour 100 g ou 100 ml, à partir d'éléments à favoriser et à limiter.
- Gouvernance partagée par sept pays européens.
- Nouvel algorithme en vigueur en France depuis le 16 mars 2025.
Nutri-Score, cantines et innovation
Le Nutri-Score concerne d'abord les produits préemballés vendus en magasin. Mais la qualité nutritionnelle se joue aussi hors domicile : la restauration scolaire doit respecter des règles de qualité nutritionnelle des repas, et la loi EGalim impose aux cantines une information des convives sur la qualité des produits servis. Voir notre article sur la restauration collective et notre décryptage de la loi EGalim.
Pour les porteurs de projets, le Nutri-Score est aussi une donnée : les calculateurs officiels et la table de composition Ciqual de l'Anses permettent d'estimer la qualité nutritionnelle de recettes en développement. Et pour les produits vendus en direct par les producteurs, souvent bruts et non préemballés, ce sont d'autres repères qui comptent, comme l'explique notre article sur les circuits courts.
Sources
- Santé publique France, « Nutri-Score », mis à jour le 19 mars 2026 : santepubliquefrance.fr.
- Règlement (UE) n° 1169/2011 du 25 octobre 2011 concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires, articles 35 à 37.
- Comité scientifique du Nutri-Score, rapports sur les modifications de l'algorithme pour les aliments solides (2022) et les boissons (2023).
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