Anti-gaspillage

DLC et DDM : « à consommer jusqu'au » ou « de préférence avant », ce que disent vraiment les dates

Anti-gaspillage · Publié le 2026-10-17

Gros plan sur le fond d'une boîte de conserve où sont imprimées une date de fabrication et une date limite
Dates imprimées sur le fond d'une conserve. Photo : Gaurav Dhwaj Khadka, via Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Un yaourt dont la date est passée d'un jour, un paquet de pâtes « à consommer de préférence avant » le mois dernier : faut-il jeter ? La réponse dépend entièrement du type de date inscrite sur l'emballage. La confusion entre les deux mentions est l'une des causes identifiées du gaspillage alimentaire : selon la Commission européenne, citée par le ministère de la Transition écologique, jusqu'à 10 % du gaspillage serait lié à une mauvaise compréhension des dates.

Deux dates, deux logiques

Les denrées alimentaires préemballées doivent porter une indication de durée de consommation. Selon le produit, il s'agit soit d'une date limite de consommation (DLC), soit d'une date de durabilité minimale (DDM). Ces mentions sont encadrées par le règlement européen n° 1169/2011 sur l'information des consommateurs, dit « INCO ».

DateMentionSignificationProduits typiques
DLC« À consommer jusqu'au… »Limite impérative. Au-delà, l'aliment est considéré comme impropre à la consommation, car il peut présenter un danger pour la santé.Viandes, poissons, charcuterie, plats cuisinés, produits laitiers frais
DDM« À consommer de préférence avant… »Au-delà, l'aliment n'est pas dangereux, mais il peut avoir perdu une partie de son goût, de son arôme ou de sa texture.Café, pâtes, riz, farine, sucre, conserves, gâteaux secs, jus de fruits

La DLC concerne, selon le ministère de la Transition écologique, la majorité des produits très périssables, à conserver au frais. Elle est indiquée par le jour, le mois et éventuellement l'année. La DDM concerne les produits secs, stérilisés ou déshydratés.

Ce qu'on peut faire d'un produit après la date

Après la DLC : ne pas consommer

Un produit dont la DLC est dépassée ne doit plus être consommé, ni vendu, ni donné. La DLC suppose aussi que les conditions de conservation indiquées sur l'emballage aient été respectées : un produit frais laissé plusieurs heures hors du réfrigérateur peut devenir dangereux avant sa date.

Après la DDM : consommable, et même vendable

Les aliments dont la DDM est dépassée peuvent, contrairement à ceux dont la DLC est passée, être commercialisés et consommés, rappelle le ministère de la Transition écologique. C'est ce qui permet à certains magasins de proposer, à prix réduit, des produits dont la date de durabilité minimale est atteinte, et aux associations d'aide alimentaire de redistribuer ces produits.

Le bon sens reste de mise : un emballage abîmé, gonflé ou ouvert, une odeur ou un aspect anormal doivent conduire à écarter le produit, quelle que soit la date.

Les nouvelles mentions autorisées depuis 2022

Pour lever l'ambiguïté, le décret n° 2022-1440 du 17 novembre 2022 permet aux fabricants d'ajouter, à côté de la DDM, une mention complémentaire informant le consommateur que le produit reste consommable après cette date. Les formulations citées par le ministère sont du type « pour une dégustation optimale… » ou « ce produit peut être consommé après cette date ». Ces mentions sont facultatives : leur présence dépend du choix du fabricant.

Le mémo

Et les produits sans emballage ?

Les obligations sur les dates visent les denrées préemballées. Les produits vendus en vrac, à la coupe ou au détail, comme les fruits et légumes frais, le pain du jour ou les fromages à la découpe, n'affichent pas toujours de date : c'est alors au consommateur de juger de leur fraîcheur, et au vendeur de respecter les règles d'hygiène et d'information qui s'appliquent à la vente au détail. Les fruits et légumes frais non transformés, en particulier, ne portent pas de date de durabilité.

Qui fixe la date ?

La date est fixée par le fabricant, sous sa responsabilité, en fonction du produit, de son procédé de fabrication, de son emballage et des conditions de conservation prévues. Elle repose sur des études de vieillissement et sur l'analyse des risques que tout exploitant du secteur alimentaire doit mener dans son plan de maîtrise sanitaire. Une même catégorie de produits peut donc afficher des durées différentes d'une marque à l'autre.

Pour les jeunes entreprises alimentaires, déterminer la bonne date est une étape à part entière du lancement d'un produit : trop courte, elle génère du gaspillage en magasin et chez le consommateur ; trop longue, elle expose à des risques sanitaires et à des retraits.

Le rôle des dates dans la politique anti-gaspillage

Les dates sont au croisement de plusieurs politiques publiques. Elles conditionnent le don d'invendus prévu par la loi Garot : les distributeurs doivent donner suffisamment tôt avant la DLC pour que les associations puissent redistribuer les produits. Elles font partie des leviers identifiés pour atteindre les objectifs de réduction fixés par la loi AGEC. Et elles se retrouvent au cœur de nombreuses innovations : applications de vente de produits proches de leur date, étiquettes dynamiques, outils de gestion des stocks en magasin ou en cuisine collective.

Au niveau européen, la révision des règles d'indication des dates a été discutée à plusieurs reprises. Pour l'heure, la distinction entre DLC et DDM issue du règlement INCO demeure, complétée en France par les mentions facultatives de 2022.

À la maison : quelques réflexes

Sources